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2001 : Compilation Vox Europa II
13 octobre 2019
par Fraction
Fraction. Rock radical depuis 1994

Paru dans Jeune Résistance n°24 (automne 2001)

Le cadeau de la rentrée nous vient d’Italie, avec la sortie du second volet de Vox Europa, produit par nos dynamiques camarades de RTP. Si le volume I, édité il y a 18 mois, était à dominante folk, celui-ci est très métalloïde, avec du riff de guitare bien crunch, charnu et trashy à souhait, des distos comme on les aime, bref du bon gros rock qui sent la sueur.
Avec 13 morceaux et 7 nationalités, c’est toute l’Europe que nous visitons en 54 minutes, moyennant une excursion de l’autre côté de l’Atlantique chez nos cousins de Nouvelle-France.

Cela démarre très fort avec les Allemands de Sleipnir, puis avec Gesta Bellica, groupe RAC italien au son et à la mise en place impeccables. Viennent ensuite les Parisiens d’Elendil, qui avec « Les Droits de l’Homme » (un inédit) nous livrent pour notre plus grand plaisir le meilleur morceau qu’ils aient fait à notre goût : une rythmique bien pensée qui se joue ici et là du temps, des irruptions de guitare bien lourdes et des envolées pistoliennes qui propulsent la voix de la chanteuse, plus rock et envoûtante que jamais, et qui se paye même le luxe de trouver des accents à la Johnny Rotten ! Bravo et encore bravo… On salive d’impatience dans l’attente de leur prochain album.

ZetaZeroAlfa se montre à la hauteur de sa renommée avec « Progetto Genoma », où le chanteur Sinevox gronde dans l’atonal, tel un zombie fraîchement extrait de son catafalque, sur une musique tantôt vaporeuse tantôt sauvage, les ambiances hypnotiques laissant place à de brutales montées en puissance.
Plus conventionnels sont les Espagnols de Estirpe Imperial, avec une pièce de hard qui doit beaucoup à Iron Maiden. Un style certes efficace mais un peu daté, qui évoque les années de jeunesse, celles où on collait des patches sur nos vestes en jean pour faire plus mâle…
On change soudain de climat avec « Il Paese dei Balocchi » de Hobbit, vivant et coloré, très noisy-pop, que nous ne cessons de mettre en boucle tant il est réussi.

Puis c’est Endovelico, une formation portugaise plus inspirée par le RAC des années 80 que par les claves de la samba et de la bossa nova. Les Anglais de Eye of Odin livrent un morceau aussi lourd que métal, inspiré de la mythologie nordique. Et vient le tour des Trouble Makers. L’excellent groupe québécois nous donne dans le style qui lui est propre un réquisitoire définitif contre l’abrutissement des masses par les médias et la culture de consommation qui achète la paix civile en remplissant les stades et les rayons des magasins.
L’intervention de Carpe Diem est pour sa part sans surprise, dans le plus pur style Viking-rock, puissant et grandiloquent. Les voix mises à part, on dirait par moments entendre les Scorpions. Souhaitons à la bande à Kay de suivre les traces de ces glorieux compatriotes.
Changement radical d’ambiance avec quelques boucles synthétiques new beat qui font pressentir quelque chose de similaire à du Front 242 avec des guitares satu en plus. Les Belges auraient repris du service ? et ils chantent en italien ?… Mais non : c’est Aurora, jeune groupe romain dont la démo et la prestation pleine de promesses qu’ils ont donnée le 12 février 2000 à Milan avec IDF nous avaient déjà laissé penser le plus grand bien. Essai marqué, et transformé !
Suit une oeuvre très solennelle des métalleux anglais de Squadron, avant le bouquet final, Fraction, dont le son est identifiable dès la première mesure, et qui nous mène avec une efficacité rare au milieu d’une manif qui dégénère, le lacrymo brûle les narines, pique les yeux, les sirènes vrillent les oreilles… On sent les Robocops progresser… Un avant-goût du sommet du G8 le 15 décembre prochain à Bruxelles ?
Voilà, on ne vous en dit pas plus, courez vite vous procurer cette compil qui est à ce jour la meilleure sortie de l’année, montez le son, et consommez sans modération.

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